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Courir en temps de crise… De la contrainte naît la créativité

Par Marjorie 2
16 Fév 2021

Je ne suis pas grand-chose, ou plutôt, je ne suis personne, dans l’univers du Trail.

Je n’ai aucune médaille, aucun trophée, ni aucun tee-shirt avec l’inscription « Finisher ». ( Petit clin d’œil à ceux qui le mettent pour aller chercher le pain, ou pour les fêtes de Noël. Je suis d’accord avec vous : ça vaut toutes les plus belles chemises…)

Je ne suis qu’une débutante, une amatrice. Pour preuve, je n’ai pas de montre Garmin, pas encore de manchettes, ni de chaussettes, mais ça arrive, incessamment sous peu…

Je ne suis pas donc pas vraiment légitime à vous parler de Trail, de course en montagne. 
Je ne le suis même peut-être pas du tout. Mais je vais le faire quand même. 

Parce que j’ai mon petit caractère, mais surtout, parce que c’est une discipline formidable. 

Et à quelques mois de la 28ème édition du Grand Raid, ( 9 mois pour être précise, soit exactement le temps de gestation dont a besoin un bébé pour se développer pleinement ), et bien on est dans les starting-blocks, parce qu’on aimerait bien savoir si ce sera un garçon ou une fille…

Non je rigole bien sûr, parce qu’on aimerait bien savoir si cette prochaine édition du Grand Raid verra le jour, si elle finira enfin… par pointer le bout de son nez.

Ce qui est sûr, c’est qu’à l’heure actuelle, nous ne savons pas, si le Grand Raid aura lieu cette année. 

Bon, on sait que l’on ne sait pas. C’est déjà pas mal, dirait Socrate.

Nous voilà donc suspendus, au fil invisible du « peut-être ». 
C’est dur le « peut-être ».

Il vaut mieux un bon « oui », ou un bon « non », mais un « peut-être »… c’est laisser champ libre au doute, à l’hésitation, au découragement, à la frustration et à l’attente.

Non pas que je sois impatiente, mais disons que si certaines attentes sont belles…   D’autres le sont… un peu moins. Soyons sincères.

C’est comme si on nous laissait plantés là, sur le pas de la porte, sans savoir si on va nous ouvrir, mais tout en nous demandant de rester… Sauf que non, dans la vie, on ne reste pas sur le pas de la porte : soit on rentre, soit on sort ! 

En tout cas, actuellement entourée de trailers – pour mon plus grand bonheur, ils se reconnaitront d’ailleurs – j’ai pu percevoir dans l’air comme un léger vertige : un savant mélange entre espérance et renoncement, entre ananas et margoze…

Parce qu’une communauté de trailers, ce sont des milliers de personnes qui se préparent pendant un an. Des milliers de personnes qui choisissent de se dépasser, de se donner un objectif et d’aller jusqu’au bout. 

Et on en a besoin, de gens qui vont jusqu’au bout. 

Des gens qui ne reculent pas au premier obstacle, qui traversent les épreuves sans abdiquer, sans abandonner, sans changer de trajectoire. On en a besoin des gens qui s’engagent, qui restent malgré tout, qui gardent le cap, qui ont une parole, et qui lui sont fidèles. 

Des personnes qui disent qu’ils le feront : et qui le font.

Parce que se donner un objectif, et s’y tenir, c’est braver et envoyer valser la peur, la négligence, la fuite et le confort. C’est partir de rien, partir d’en bas, grimper sur le dos de la montagne et s’élever, s’élever, se relever, se révéler…

C’est faire de ses plus grands rêves, des souvenirs. ( oui vous pourrez encadrer la photo de votre arrivée au stade de la Redoute, faire des livre-photos sur Photobox de votre aventure, et porter votre maillot Finisher pendant des semaines, je ne dirai rien, c’est promis. )

Ah oui d’ailleurs, petit aparté en parlant d’aller jusqu’au bout, et avant de vouloir réaliser le Grand Raid : les tiroirs ça se ferment jusqu’au bout, les portes vitrées aussi, ainsi que les bouchons de dentifrice, de gel douche, les capuchons de stylos, les bouchons de bouteilles, et la boîte de chocolat que vous avez entamée : le chocolat c’est précieux !

Blague à part, comment rester insensible en cette période où même un acte comme organiser une course officielle devient prohibé ?

C’est impossible. C’est normal d’être touché. Nous sommes des êtres du sensible, inutile de faire les durs, nous sommes dépassés, c’est ainsi. Et je connais beaucoup de trailers sensibles d’ailleurs, si si si, ne vous cachez pas, je vous vois.

Cependant, si dans la vie, il ne faut pas miser sur un espoir, une attente, ou un autre, car ces trois points sont incontrôlables et imprévisibles, on peut miser sur l’existant, sur le maintenant.

Vous aimez courir ? Alors courez.

Les courses officielles vous manquent ? Créez les vôtres.

Courez, continuez de courir, encore plus en temps de crise, encore plus en cette période inédite que nous traversons. 

Le mot crise vient du grec “kairos” qui signifie : le moment ou jamais.

Passionnés de Trail, amoureux de la nature, c’est le moment ou jamais de courir, de se mettre en mouvement, de dérouler des kilomètres, de se faire plaisir et de créer !

Car de la contrainte, naît la créativité.

Cessez d’attendre une éventuelle course, un éventuel dossard, un éventuel podium. 

Cessez d’attendre quoi que ce soit des organisations ou autorités extérieures. Réunissez-vous avec vos compagnons de sentiers, réunissez-vous et imaginez de nouveaux parcours, de nouveaux défis, de nouveaux challenges. 

Créez vos propres courses, nommez-les comme bon vous semble, réunissez-vous et amusez-vous ! 

Soyez libres de toute attente, soyez créatifs et innovez votre rapport à la performance, à la compétition et aux courses officielles. 

Pour faire simple, détendez-vous, enfilez vos baskets, 

et rappelez-vous toujours,

que courir est une fête !

Marjorie Métayer

Marjorie
Commentaires
2
Jimmy

Bravo pour ce message plein.de sens et même emouvant….bravo !

Sportivement

Marjorie

Merci beaucoup Jimmy pour votre retour, je suis heureuse que ces quelques mots puissent faire du bien à ceux qui les lisent ! Cela me fait vraiment plaisir. Encore merci pour la lecture. Bonne journée.

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